étoiledefée

Claire et douce comme la poésie.
 
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 Spleen Charles Baudelaire

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aureil



Messages : 792
Date d'inscription : 07/04/2008

MessageSujet: Spleen Charles Baudelaire   Sam 17 Mai - 19:18

Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.
Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d'impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu
De son être extirper l'élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.
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doC-annibaL



Messages : 528
Date d'inscription : 17/04/2008
Age : 25

MessageSujet: Re: Spleen Charles Baudelaire   Dim 18 Mai - 7:03

Circonstances et réalités d'un mec qui savait dire les choses.
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Candide



Messages : 1075
Date d'inscription : 24/04/2008
Age : 75

MessageSujet: Re: Spleen Charles Baudelaire   Dim 18 Mai - 9:23

Bon choix
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Spleen Charles Baudelaire   Dim 18 Mai - 11:35

Voici un autre "Spleen", de C. Baudelaire... et j'ajoute le sublime "Correspondances". J'aime tes choix, Aureil. Et leurs correspondances ! Car Baudelaire a traduit Poe comme s'il traduisait un frère.

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

------------
Correspondances
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
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lilo



Messages : 2152
Date d'inscription : 06/04/2008
Age : 23
Localisation : Dans un temps qui témoigne des temps mais qui n'en parle pas.

MessageSujet: Re: Spleen Charles Baudelaire   Dim 18 Mai - 23:52

C'est un grand poète sachant passer de la douceur d'une colline à la brutalité d'une falaise.
En plus il a des mots rien qu'à lui; il sait magiquer.
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